La Castagnette Egyptienne

par

Hans Hickmann

La castagnette est, d'après les conceptions modernes, un instrument de la musique folklorique espagnole. On est par conséquent trop enclin d'oublier qu'elle a déjà existé dans l'Egypte ancienne. Il semble que la castagnette n'apparaisse dans sa forme définitive qu'à partir du début du IIème siècle après J.-C., mais une de ses formes la rattache à certains idiophones connus depuis la plus haute antiquité dans la Vallée du Nil.

Classée parmi les idiophones dont le son se produit par entrechoc, la castagnette est apparentée aux planchettes entrechoquées. Elle est jouée à raison de deux paires par musicien. La castagnette représente une planchette épaisse de bois, dont la forme peut varier, mais dont la partie creuse à l'intérieur reste toujours l'élément essentiel. Généralement en forme de coque ou de coquille, l'instrument se compose de deux parties travaillées en une seule pièce : le col étranglé en haut, quelquefois percé pour lier les deux instruments par une cordelette et la partie inférieure qui donne à la castagnette sa forme caractéristique.

La castagnette est répandue dans les pays méditerranéens de l'époque Gréco-romaine. Son jeu est assez souvent représenté et les documents littéraires la mentionnent comme (Krouma) tout en la confondant à l'occasion avec le (Krotalon) ou le (Kremthalon). Certains passages d'après Hésychius et Eusthatius (cités par C. Sachs) (1), parlant de (Kouchélia) ne peuvent pas s'appliquer à la castagnettes mais à une sorte de cymbale primitive en coquillage (2).

D'après la littérature musicologique spécialisée, la castagnette telle que nous la connaissons, aurait apparu en Espagne depuis l'antiquité. Les danseuses ibériques utilisant des (Kroumata) étaient célèbres au temps de l'Empire Romain, mais nous n’avons pu établir une date exacte pour leur première apparition). Il en est autrement pour les castagnettes égyptiennes dont la plus ancienne date du début du II siècle. Si on veut faire foi en certaines représentations d'instruments d'entrechoc qui pourraient être aussi bien des planchettes entrechoquées que des castagnettes, on peut aisément remonter jusqu'au Moyen Empire. Les planchettes entrechoquées, artificiellement creusées à l'intérieur, existent par contre déjà au début de l'Ancien Empire.

Loin d'admettre que les castagnettes coptes représentent une importation grecque, nous croyons plutôt à une filliation ininterrompue qui, tout en partant des planchettes entrechoquées creusées, prenant souvent la forme de mains ou d'avant bras, mène directement vers les castagnettes en forme de «souliers», dans lesquelles nous voyons également des bras. Vue dans ce sens, la castagnette copte serait un instrument bien plus ancien que les crotales. M C Sachs voudrait voir dans ces derniers ou aussi dans les (Sagat), les ancêtres de la castagnette, mais nous croyons pouvoir affirmer le contraire: les planchettes millénaires se trouvent à l'origine de deux catégories d'instruments. En adoptant quelques cymbalettes attachées à leurs manches, elles deviennent crotales. En accentuant la partie creuse, elles deviennent castagnettes.

Comme ailleurs, la première manifestation de musique «instrumentale» en Egypte est le battement des mains. Quelques représentations sur des vases préhistoriques montrent qu'on a remplacé déjà cette façon primitive de rythmer par des baguettes ou des planchettes d'entrechoc, procédé naturel et logique qui consiste en la substitution d'un objet à l'action naturelle de la main, tout en la remplacent par un objet qui renforce le son et représente en même temps une économie des forces déployées.

Cette explication n'est point une hypothèse incontrôlable, puisque les peuples de l'Afrique du Sud procèdent encore maintenant de la même manière, tout en nous fournissant le moyen d'observer comment les mêmes phénomènes organologiques se sont produits au courant de l'histoire. Or, les musiciens Thonga renforcent les battements des mains par le «spagane», deux planchettes de bois attachées à l'intérieur des mains par une courroie qui entoure la main. C'est en somme le mème procédé utilisé par les joueurs de planchettes entrechoquées, personnages que le peintre égyptien a si soigneusement représentés dans une scène musicale du tombeau thébain no 60. Très clairement, les instruments joués par paires sont attachés aux poignets des joueurs par des cordelettes. Une autre manière de jouer est celle des Chwana, également en Afrique du Sud. On utilise alors les baguettes d'entrechoc (qui sont en os) par paires. Elles sont insérées l’une entre l'index et le majeur, l'autre entre le majeur et l'annulaire, et c'est par des mouvements rotatifs de la main entière et par des impulsions imposées par le poignet qu'on en obtient l'effet rythmique voulu.

Ces deux manières de jouer avec les planchettes entrechoquées ont toujours existé simultanément en Egypte. On peut les observer dans les documents iconographiques à travers toute son histoire. Une donnée organologique dont nous avons déjà parlé s'ajoute encore à ces observations: une grande partie des planchettes sont creuses à l'intérieur. Or, c'est précisément le fait d'être creuse, formant une sorte de coque, qui est le signe le plus saillant de la castagnette et qui la distingue de la vraie planchette entrechoquée.

Cette dernière est en bois, fréquemment aussi en ivoire. Sculptée dans une dent d'hippopotame fendue, elle garde souvent sa forme courbée qui a inspiré aux artisans égyptiens l'idée de donner à ces instruments l'aspect d'une main. Cette présentation artistique peut d'ailleurs s'expliquer aussi par une association d'idées assez vraisemblable, si nous nous rappelons la signification originale des planchettes, celle de remplacer et de renforcer le battement rythmique des mains.

On sait que la dent d'hippopotame n'est solide que vers sa pointe. On remarque, par contre, un creux vaguement triangulaire, à l'endroit de la cavité pulpaire (fig. 1). Or nous avons pu observer que ce creux naturel a été élargi et approfondi artificiellement, dès les époques les plus reculées. Quelques planchettes entrechoquées, datant des premières dynasties et trouvées à 'Ezbet al-Walda, sont pourvues déjà de ces creux intentionnellement approfondis, ainsi que d'autres objets s'échelonnant d'après les grandes étapes historiques de la civilisation égyptienne.

Fig1

Ce fait organologique nous a semblé d'ailleurs assez important pour l'englober dans notre premier essai d'une classification des planchettes entrechoquées. Nous devons voir dans ces instruments des « planchettes de différentes formes, creusées à l'intérieur», les précurseurs des castagnettes véritables, d'ailleurs employés de la même manière que les castagnettes coptes et Grecques. Quant à leur forme, notre attention est surtout retenue par les planchettes courbées. Déjà la civilisation badarienne a connu de ces objets fortement courbés se distinguant du boomerang par l'angle très prononcé de leur manche. Au cours de l'histoire égyptienne, la plupart des planchettes entrechoquées courbées ont gardé cette forme. Ce sont des demi-cercles quand il s'agit d'instruments sculptés en ivoire d'hippopotame, mais l'angle est bien plus caractéristique pour les instruments en bois (Cat. gén. no 69220 a et b, 69454 a et b).

Or une bonne partie des castagnettes coptes épouse cette forme, tout en la soulignant encore davantage. Ce n'est plus une courbe plus ou moin égale, mais un angle droit qui fait ressembler l'instrument a un bras humain tenu perpendiculairement au corps, ou au signe. Cette ressemblance est surtout visible pour les instruments plus longs que larges. L' «avant-bras» étant quelquefois un peu court, on peut comparer ces instruments aussi à la forme d'un « soulier», comparaison adoptée par C. Sachs qui, le premier, a décrit plusieurs castagnettes coptes dans son ouvrage «Die Musik-instrumente des alten Agyptens». A notre interprétation de voir des bras humains dans ces instruments on pourrait objecter que les mains ne sont pas représentées et que l'on voit seulement l'angle droit formé par l'épaule, le bras et l'avant-bras. L'explication serait que la partie qui aurait dû être sculptée en forme de main reste invisible. La plupart des instruments complets et en bon état de conservation sont percés de ce côté. C'est donc à cet endroit qu'on liait les deux castagnettes. D'après les représentations, il semble évident que le joueur tenait l'instrument par cette extrémité. Ainsi le mouvement de l'entrechoc se produisait à l'autre bout, auprès de la partie épaisse et creuse à l'intérieur, comparable aux « épaules» (pour continuer notre image). Devenue invisible, cette partie de l'instrument n'était donc pas décorée.

C'est au Moyen Empire que cette manière de jouer est représentée pour la première fois. Nous devons chercher l'origine des Véritables castagnettes égyptiennes à la même époque.

Les représentations des tombes deet deà Meir, de la tombe deà Assouan (également de la XII dynastie), ainsi que celle deà Cheikh Abdel-Qournah montrent en effet quelques personnages jouant d’une sorte de claquette dont les manches correspondraient à la partie amaincie des castagnettes coptes. Le sculpteur n’aurait pu représenter autrement que par un appaississement la partie supérieure, partie supérieure, partie qui correspond à l’<épaule> et qui est creuse à l’interieur. En réalité recourbée, cette dernière semble simplement continuer, dans l’image, la ligne droite du manche.

L'ostracon 25046 (Cat. gén. du Musée du Caire) prouve d'ailleurs que la castagnette de cette forme était employée aussi par les danseuses du inouvel Einpire.

Fig2

Après leur transfert du Musée du Caire au Musée copte, c'est dans ce dernier qu'on trouve quelques exemplaires de castagnettes coptes en forme de « bras». Tous ces instruments ont été d'abord façonnés au tour en une seule pièce et fendus par la suite, comme l'ont fait remarquer MM Daressy et Sachs. La plupart des instruments du Caire, ainsi que ceux conservés au Musée de Berlin, viennent d'Ak-hmim, de Dahabieh (en face de Gebelein) et du Fayoum. Malheureusement ils ont été quelquefois enregistrés comme boites de toilette ou boites à fard, mais il s'agit incontestablement de castagnettes.

Fig 3

Fig 4

En ce qui concerne cette forme que la castagnette égyptienne de l'époque copte a adoptée, il nous semble donc que ses attaches avec la planchette creuse, de forme courbée, justifient notre hypotlièse (l'une descendance directe d'un instrument antique d'origine égyptienne. C Sachs distingue, parmi les castagnettes coptes une seconde catégorie, en forme de bouteille pansuie au goulot court. Si les instruments précédents nous rappelaient le signe Hiéroglyphique ceux-ci ressembleraient à un vise à ne considérer que la simultitude de profil (fig. 3 et 4).

C'est pour cette raison que nous avons adopté les mêmes termes comparatifs pour les castagnettes No 8846 (A, B) - 8849 qui, d'après leurs formes, correspondent à certaines castagnettes du Musée de Berlin

La décoration des castagnettes en forme de «bouteille» semble justifier le elioix de ce terme (fig. 4). Plusieurs instruments sont en effet simplement décorés par des lignes horizontales et parallèles (8x2 sur n 8846 généralement on ne reconnaît que deux ou trois de ces lignes) gravées à l'extérieur. En admettant donc le double classement distinguant, les castagnettes d'après leurs formes d'avant-bras ou de vase, nous devons ajouter dorénavant une troisième catégories dont le Musée du Caire possède un fort beau spécimen (n 69521) La plus ancienne des castagnettes égyptiennes véritables provient de Kôm Auchîm (Fayoum). Son profil accuse de nouveau la forme d'une bouteille, mais la décoration losangée (chaque losange étant en plus marqué par un point central) indique clairement qu'un fruit a servi de modèle: la pomme de pin. Il se pourrait même que cette forme soit la première et que les autres castagnettes en forme de bouteille ne représentent que des simplifications et des stylisations de ce fruit, de manière que notre seconde catégorie ne serait qu'une variante de la troisième (fig. 5 et 6).

Peut-étre pouvons-nous voir dans cette forme caractéristique d'une castagnette relativement ancienne, une indication pour l'origine de cet instrument. La pomme de pin jouant un certain rôle dans les cultes bacchiques autant que dans ceux d'Attis et de Cybèle, un instrument de percussion aurait pris sa forme tout en servant aux mêmes buts cultuels que les cymbales et les crotales. Si cette hypothèse s'avère exacte, nous devons chercher l'origine de la castagnette en forme de pomme de pin, transformée plus tard en forme de vase, en Asie Mineure d'où elle se serait répandue en Egypte, pendant les premiers siècles de notre ère, et d'où elle aurait été exportée par les Phéniciens, dans leurs colonies ibériques.

Fig 5 & Fig 6

La castagnette en forme d'avant-bras, descendant des antiques planchettes entrechoquées en forme de bras et de mains, nous semble au contraire essentiellement égyptienne. En comparant enfin les castagnettes aux instruments épousant la forme de la ressemblance de ces derniers avec la partie inférieure des - plainchettes en forme de mains figure 9 est frappante. De nouveau, il s'agit donc d'objets d'origine égyptienne, employées depuis l'époque ramesside. Il n'est que logique que la main hathorique ait disparu, sous l'influence copte.

Fig 7 & Fig 8

Fig 7

References:

Curt SACHS, Handbuch der Musikinstrumentenkunde, Leipzig 1930, p7.

H. Hickmann, Cymbales et Crotales dans l'Egypte ancienne (Annales du service des antiquites de l'Egypte, t XLIX, Le Caire 1949) p.522. Bull., t.XIV

C.Sachs, op. cit., p.7

H. Hickmann, op. cit., fig 12; du meme auteur: Miscellanea musicologica, XIV

La castagnette espagnole serait l'origine phenicienne (C.Sachs, The history of musical instruments, p.103) et particulierement repandue dans les anciennes colonies de ce peuple.

Les termes par lesquels la castagnette est connue dans l'Orient moderne sont plutot du domaine de l'onomatopee et ne peuvent par consequent fournir des eclaircissements quant au role que la castagnette a joue en Egypte et dans le Proche Orient. Faisant partie d'abord des planchettes entrechoquees dont le nom nous est connu (Cat.Gen. des instruments de musique p.3), elle se confond peut-etre pendant l'epoque greco-romaine avec les crotales, pour apparaitre soudainement au cours des tout derniers siecles, sous les termes les plus divers (H.G.Farmer, A history of Arabian music p211; du meme auteur: Turkish instruments of music in the XVIIth century, p10-11; H.Hickmann, Terminologie arabe des instruments de musique p24).

C.Sachs, Die Musikintrumente des alten Aegyptens, Berlin 1921, p19

C.Sachs, Geist und Weren der Musikinstrumente, Berlin 1929, p195

P.R.Kirby, The musical instruments of the native races of South Africa, Londres, 1934, pl.4B

N.de G.Davies, The tomb of Antefoker, pl.XXIIIB.

P.R.Kirby, op. cit., pl.5 A et B. C'est en somme le meme principe qui est a la base de certaines castagnettes de l'Extreme Orient, se composant de lames d'ivoire ou de bambou, disposees en forme d'eventail (V.Ch.Mahillon, Catalogue descriptif et analytique du musee instrumental du Conservatoire royal de musique de Bruxelles, Gand, 1893, p388 et 390.

Dent non travaillee d'hippopotame. La surface exterieure montre les rainures de croissance. A l'interieur, la matiere au bord se distingue de celle du milieu, plus tendre. La pointe a ete coupee.

Catal.gen. des instruments de musique du Musee du Caire p30.

Quelques objets et documents iconographiques relatifs a l'existence et a l'emploi des castagnettes ou des planchettes entrechoquees:

a) en Egypte:

Ancien Empire et plus tot: Guizeh, tombe de Nefer-es-Res, Kar et Nfrb'wpth. Cf. Selim Hassan, Excav. at Giza II, pl.XXVIII; W.M.Flinders Petrie, Gizeh and Rifeh, Londres 1907, pl.IV et XXVII; A.Scharff, Die Altertuemer der Vor-und Fruehzeit, Berlin 1931,

fig54 et 55

Moyen Empire: Representation du tombeau de Senbi, a Meir, Cf.S.Sachs, Musikinstrumente des alten Aegyptens, p16; R.Engelbach, Riqqeh and Memphis, VI Londres 1915, pl XII

Nouvel Empire: tombeaux thebains n20, 41, 53, 60, 92, 100, 109.

Basse Epoque: H.Hickmann, Cat.gen. des instr. de musique du Musee du Caire, n69453

b) en dehors d'Egypte:

Daremberg-Saglio, Dict.II, 1 (2606 et 2845) IV, 1 (art.manus.); IV, 2 (6005); Catal. de la <Forman Coll.> n361. Cf.A.Machabey, la musique hebraique grecque et latine (La musique des origines a nos jours p65)

La presente liste ne represente qu'une vue d'ensemble fort incomplete. Une monographie consacree a ces instruments sera publiee ulterieurement, avec des informations plus detaillees.

C.Brunton, The Badarian civilisation, Londres, 1928, p32 et pl.XXIII, 29 (5716).

Cat.gen.des intr. de musique, pl. VII et VIII.

Une exception est l'objet n69250, planchette a tete de bouquetin, en ivoire, pl.XIV Cf. Flinders Petrie, The making of Egypt, Londres 1939, pl.LVII (7).

Berlin 1921 p19, Ce terme (Castagnette en forme de botte ou de soulier) est adopte par J.Strzygowski (Koptische Kunst, Vienne 1904) et par H.Ranke qui en a decouvert plusieurs exemplaires a al-Hibe (Koptische Friedhoefe bei Karara, Berlin 1926, p44)

De Morgan, D'Asswan a Ombos, Vienne 1894.

Blackman, The rock tombs of Meir II, pl.XVIII, I et XV; N. de G. Davies, The tomb of Antefoker, pl. XXIII B.

H.Hickmann, Cat.gene. des intr. de musique p184 et J.Strzygowski (Koptische Kunst, Vienne 1904, p150 et 151 (n 8850).

C.Sachs, Die Musikintrumente des alten Aegyptens, p19 pl. I (9-17). Cf. du meme auteur: Geist und Werden der Musikinstrumente, pl.33 (231). Les objets de Fig2 font partie de l'ancienne collection de M. von Bissing.

Journal d'entree du Musee du Caire, n29906 (longueur 9cm, 8cm5 et d'autres)

C.Sachs, Die Musikintrumente des alten Aegyptens, p19 pl. I (18-19) du meme auteur: Handbuch der Musikinstrumentenkunde, p7, fig I: du meme auteur Geist und Werden, pl. 33 (233); H.Hickmann, Musika kudamaa' al-masriyin, 30 Mars 1936 n7, p44); La semaine

Egyptienne, X (1936), n11-12, p25, Cf.aussi notre fig.2 en bas.

Catalogue general des instruments de musique, p183.

C.Sachs, Musikinstrumente des altens Aegyptens, pl I (18,19).

Nous avons signale deja l'existence dans notre article sur la musique egyptienne de l'Encyclopedie musicale Die Musik in Geschichte und Gegenwart, Kassel, 1949, p99.

Cat. Gen. des instr. de musique, p32 et pl. XVIII (A, B).

Tout en cherchant un terme - en vain d'ailleurs - dans les textes antiques ayant trait aux mysteres dionysiaques, pour nos castagnettes, nous nous sommes rappelle un passage de Clement d'Alexandrie, citant a ce propos, Orphee de Thrace pour enumerer les objets utilisees pendant ces mysteres: "Konos kai romthos kai wegnia kampesignia" <top, wheel and jointed dolls...>(d'apres al traduction anglaise de la Exhortation to the Greeks, chap II, p15 par J.W.Butterworth, Londres 1939, p36-39). Le voisinage avec les rhombes permet d'entrevoir aussi dans ces <jouets> ou <poupees articulees> des objets rituels servants a produire des bruits rythmes. Ayant examine une serie d'objets consideres generalement comme des poupees, nous ne pouvons nous defendre de les interpreter comme des sortes de castagnettes. Les petits objets en os, representes en fig 7 (Cf. aussi J.Strzygowski, Koptische Kunst pl.XVIII), correspondant organologiquement aux exigences de notre defenition. Souvent decouverts par paires, ils etaient peut-etre lies soit par une cordelette autour des renflements naturels du corps humain represente, soit par des liens introduits dans les trous amenages a la hauteur des bras. Ils ont aplatis a l'interuer et, en plus, tres souvent creuses, la cavite naturelle de l'os etant encore accentuee. Vers le cote inferieur, ces objets sont presque toujours bisautes (fig 8), tout comme les castagnettes, ou ce detail organologique s'explique par le mouvement rotatif des instruments autour d'une charniere faisant en meme temps l'effet de ressort. D'autre fouilles serviront de controle pour cette suggestion, que nous communiquons sous toutes reserves, a titres documentaire. Les deux objets representes en figure 8 mesurent 8cm.5 de longueur et 2cm.5 de largeur aupres des hanches

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